Blog-notes
L'habit ne fait pas le moine
Chaque samedi entre onze heures et midi, nous avions une cliente que très méchamment les vendeuses avaient surnommé la clocharde.
Il faut dire qu’elle avait une drôle d’allure : Vieux manteau gris, cheveux serrés dans un vilain foulard et baskets sales aux pieds, elle traînait un caddie toujours bourré de sacs en plastique. Elle faisait toujours un petit achat en bougonnant vaguement que les prix étaient exagérés.
Un samedi, elle s’approcha du rayon écriture et s’installa à une table, disant qu’elle avait un cadeau à faire et qu’on lui montre quelque chose de bien. Après une heure, la dame n’avait rien trouvé à son goût. La vendeuse lui avait presque tout sorti, même les stylos les plus chers. Avez-vous autre chose ? insista-t-elle. On lui montra le contenu de nos coffres en la prévenant avec ménagement que les prix sautaient de quelques virgules… Eh bien, notre clocharde choisit une parure Waterman en or massif qu’elle paya plusieurs milliers de francs en billets sortis un à un du fond de son caddie…
Depuis lors, la clocharde s’est remise à acheter des babioles tous les samedis et continue de se plaindre du coût de la vie aux vendeuses très attentives qui ne l’ont plus jamais appelé la clocharde !
